Force de dissuasion

Pourquoi s’équiper correctement avant de s’occuper d’un cheval ? Pourquoi prendre une cravache, mettre une paire d’éperons quand on le monte ? Pourquoi vaut il mieux longer avec une chambrière ? Tenir un étalon avec un chifney ? Pour éviter un conflit et les dommages collatéraux qui peuvent être considérables.

Combien d’accidents aurais je subis en lâchant un entier si je n’avais rien mis dans sa bouche ? Combien de coups de pieds aurais je reçus en longeant un cheval si je ne l’avais pas tenu à distance avec la chambrière…? Comment aurais-je empêché un jeune cheval de reculer sur la route au milieu des voitures si je n’avais pas eu de cravache ? Comment Patrice Delaveau aurait il sollicité son cheval Orient Express sur le dernier obstacle de la finale individuelle du Championnat du Monde s’il n’avait pas eu d’éperons…?

A vouloir être gentil on ne se fait pas respecter – voire on harcèle, pour compenser son impuissance. Mieux vaut un petit coup d’éperon ou de cravache que des dizaines de coups de jambes qui blasent l’animal.

Mieux vaut faire une brève action sur le mors que se pendre au licol de toutes ses forces. Prendre les armes ne veut pas forcément dire que l’on va s’en servir. Menacer ne veut pas dire que l’on va faire la guerre.

L’astuce est de disposer de tout et de doser l’action avec une frappe ciblée. Mieux vaut un petit rappel à l’ordre suivi d’un cesser le feu.

 

Article paru dans Cheval Pratique en novembre 2014